L’augmentation de l’incidence du diabète de type 2 a été attribuée, d’une part à une alimentation riche en graisses et en calories, à l’obésité (en particulier l’obésité abdominale) et au manque d’exercice d’autre part(1,2). Ces facteurs sont associés à l’insulinorésistance et au syndrome métabolique, qui sont des facteurs de risque importants pour le diabète et les maladies cardiovasculaires(3). Ainsi, on estime que la prévention de l’obésité pourrait diminuer jusqu’à 75% le risque de diabète de type 2(4).
Les observations provenant d’études de population suggèrent que la consommation de fruits et légumes pourrait être associée à un risque réduit de diabète(5-8) ou à un effet protecteur(9), bien que leurs résultats ne soient pas toujours constants(10-12). Une association positive entre les fruits et légumes et la réduction du risque est confortée par l’existence d’une relation inverse entre les caroténoïdes sériques (marqueurs de la consommation de fruits et légumes), le diabète de type 2 et les troubles du métabolisme du glucose chez l’adulte(13).
Les modèles alimentaires intégrant des fruits et légumes sont associés à une diminution de la glycémie à jeun(14-16), une amélioration de la tolérance au glucose(17,18), des valeurs plus basses d’hémoglobine glyquée(19) et une sensibilité accrue à l’insuline(20). Si l’apport calorique peut modifier ces associations(21), dans leur ensemble, les études suggèrent que la consommation régulière de fruits et légumes a probablement un effet bénéfique dans la prévention et la gestion du diabète.
Les fruits et légumes et le contrôle du poids
La relation entre l’obésité et le diabète de type 2 est bien établie(22). En outre, la perte de poids fait partie intégrante du traitement du diabète de type 2 et aboutit à un meilleur contrôle glycémique et, souvent, à une réduction, voire une suppression, des traitements médicamenteux(22). Enfin, le contrôle du poids réduit également les risques de maladies cardiovasculaires qui sont accrus chez les diabétiques.
Diverses recherches suggèrent que l’augmentation de la consommation de fruits et légumes, associée à la réduction globale des apports caloriques, est efficace pour le contrôle du poids(23-25). Principale raison : leur faible densité énergétique couplée à une forte densité nutritionnelle(26).
Fruits et légumes, fibres et contrôle glycémique
Les résultats des études portant sur les fibres et le contrôle glycémique manquent de constance. Chez les diabétiques, de fortes quantités de fibres semblent nécessaires pour obtenir des effets bénéfiques sur la glycémie, l’hyperinsulinémie et les lipides plasmatiques. Une étude croisée randomisée récente(27) s’est intéressée à l’acceptabilité d’un régime riche en fibres par les patients. Treize diabétiques de type 2 ont consommé soit une alimentation classique recommandée par l’Association Américaine du Diabète (ADA) (apportant 24 g de fibres totales) soit une alimentation à haute teneur en fibres (apportant 50 g de fibres totales), obtenue en incluant des fruits et légumes et des céréales (en particulier celles qui sont riches en fibres solubles). Les résultats indiquent que, comparativement au régime classique, une alimentation à haute teneur en fibres améliore le contrôle glycémique et que les patients acceptent avec peu d’effets indésirables une telle alimentation.
La haute teneur en fibres des fruits et légumes peut également contribuer à réduire l’index glycémique et la charge glycémique de l’alimentation. Une méta-analyse récente indique que cette approche apporte un bénéfice supérieur à celui obtenu lorsque l’on se focalise uniquement sur les glucides totaux(28). Bien que tous les scientifiques ne s’accordent pas pour dire que l’index glycémique soit le meilleur moyen de planifier la consommation de glucides, y compris chez les diabétiques(29,30), les bénéfices potentiels des fruits et légumes pour la santé des diabétiques sont en train de devenir évidents.
Fruits et légumes, antioxydants et complications du diabète
Enfin, des recherches récentes ont révélé d’autres bénéfices supplémentaires de la consommation de fruits et légumes chez les diabétiques. Les glycémies élevées peuvent entraîner un stress oxydatif et jouer un rôle important dans le développement des complications du diabète (par exemple : cataracte, complications rénales et neurologiques)(31). Des études réalisées chez l’animal suggèrent que les antioxydants présents dans l’alimentation pourraient aider à lutter contre ces dommages(32). Les données de la troisième Etude Nationale sur la Santé et la Nutrition aux Etats-Unis NHANES III (Third National Health and Nutrition Examination Survey) (1988-1994) montrent que les sujets adultes présentant un syndrome métabolique ont des concentrations sériques suboptimales de plusieurs antioxydants et que leur consommation de fruits et légumes est plus faible que ceux qui n’ont pas de syndrome métabolique(33). Des recherches supplémentaires sont à présent nécessaires pour déterminer le rôle des antioxydants dans l’amélioration du contrôle glycémique et/ou l’activité antioxydante exercée.
Globalement, l’ensemble des données étaye l’hypothèse que, dans le diabète de type 2, une alimentation riche en fruits et légumes, céréales complètes et aliments riches en fibres, sans apports excessifs en graisses ou en calories, associée à une activité physique régulière peut améliorer le contrôle glycémique et même offrir une certaine protection contre son développement.